
Les déchets de bois réutilisés représentent de 7 à 8 millions de tonnes par an. Provenant des exploitations forestières et des scieries, les écorces sont réemployées comme paillage, les sciures comme litière, tandis que les chutes et les copeaux sont réutilisés dans la fabrication de panneaux de particules et de pâte à papier.
Les emballages en bois et certaines palettes sont, pour l’essentiel, broyés en « chips » destinées à la fabrication des agglomérés par divers procédés (pression, collage…), tout comme les chutes issues de l’industrie du bois. Par ailleurs, l’exploitation du liège génère des déchets réutilisés, notamment, dans la fabrication de revêtements de sols et de murs.

Les débris végétaux – les déchets verts issus des tontes de gazon, les feuilles mortes, les tailles de haies
de jardins particuliers ou d’espaces verts collectifs – sont essentiellement réutilisés par la filière du compostage.
Généralement collectés par les services techniques municipaux ou directement apportés par les particuliers en déchetterie, les débris végétaux sont acheminés vers des plates-formes de compostage. Les composts ainsi produits par les collectivités locales peuvent être utilisés dans tous les usages habituels des amendements organiques.

Les déchets du caoutchouc, de l’ordre de 500 000 tonnes par an, sont issus principalement des véhicules particuliers (70 %), de la production de pneus, de chaussures et autres objets en tout genre… Récupérer des produits en fin de vie permet de les broyer pour en faire des granulés utilisés dans la fabrication de revêtements de sols souples et d’écrans antibruit.
On peut également régénérer du caoutchouc en l’introduisant dans la production avec la matière vierge, ou fabriquer des pneus rechapés en reconstituant une nouvelle bande de roulement sur les pneumatiques usagés.

Au même titre que les solvants, les peintures et les acides, les huiles entrent dans la catégorie des déchets spéciaux.
Après un raffinage assez complexe, leur recyclage permet de fabriquer de l’huile de moteur. Les solvants sont régénérés grâce à des procédés chimiques de distillation, d’extraction liquide, de filtration ou d’absorption.

Avec près de 30 millions de tonnes par an, les déchets du bâtiment représentent un tonnage comparable à celui des déchets ménagers. Parmi ces déchets, seule la partie inerte comme les pierres, les céramiques et les matériaux de terrassement est prise en considération.
Les matériaux sont broyés pour obtenir des granulats dont le potentiel recyclable est estimé entre 10 et 15 millions de tonnes par an. Les granulats obtenus à partir des gravats de démolition sont, pour leur part, principalement recyclés en matériaux de remblais.

Les mâchefers d’incinération d’ordures ménagères, dont la production annuelle est d’environ 3 millions de tonnes, sont le principal sous-produit de l’incinération. Constitués essentiellement des fractions incombustibles des ordures, les mâchefers sont préparés dans des plates-formes spécifiques où ils subissent divers traitements physico-chimiques et mécaniques.
Au final, près de 40 % d’entre eux sont valorisés et réutilisés en technique routière (couches de forme, de fondation, remblai…).
La production annuelle d’acier en France avoisine les 18 millions de tonnes, dont plus de 13 millions recyclées. L’acier récupéré, qualifié de « ferrailles », provient de trois Fichiers : les chutes de la sidérurgie, consommées en interne ; les chutes neuves de production (construction automobile, par exemple), acheminées vers les usines sidérurgiques ; les collectes de produits en fin de vie et de démolition. Ces dernières, rassemblées et valorisées par les récupérateurs, rejoignent la sidérurgie conventionnelle, les fours électriques ou les fonderies (de taille plus réduite).
L’élévation de la qualité des produits de la filière électrique a renforcé les exigences quant à la préparation des ferrailles, de telle sorte que l’armature à béton n’est plus la seule production issue du recyclage. Aujourd’hui, l’acier recyclé présente les mêmes propriétés que celui de la filière fonte, et on trouve des produits recyclés en acier dans tous les domaines.
Plus d’un tiers de la production métallurgique française repose sur la seconde fusion de l’aluminium, du cuivre, de l’étain, du plomb et du zinc. Les gisements sont les débris de production de la métallurgie, les chutes en fabrication et les produits en fin de vie, dont la collecte est assurée par les récupérateurs. L’aluminium, récupéré et préparé, est réintroduit dans les unités de refusion ou d’affinage, desquelles sont extraits des alliages, qui seront utilisés pour les canettes de boisson et dans l’industrie automobile.
Pour le cuivre et ses alliages, les sources d’approvisionnement des récupérateurs sont avant tout les bobinages de moteurs électriques et de transformateurs ainsi que les canalisations. Les débouchés sont nombreux dans la fabrication de matériel agricole, de bobinage, de pompes… Quant au plomb, l’essentiel de son gisement réside dans les batteries, accumulateurs, tuyaux et planches de plomb, et son principal débouché est la fabrication de batteries.
La récupération et le recyclage des textiles sont une activité ancestrale. D’ailleurs, les chiffonniers sont probablement les premiers professionnels du recyclage. En 2002, cette branche a retraité 278 000 tonnes de matières textiles : 80 % de chutes de production et de déchets neufs et 20 % de vieux chiffons issus de la collecte.
Le recyclage des textiles permet de récupérer directement des vêtements par l’intermédiaire d’œuvres caritatives, de fabriquer des matériaux de rembourrage et d’isolation, utilisés – après effilochage – notamment dans l’industrie automobile et le bâtiment, de réaliser des franges de nettoyage industriel, ainsi que certains papiers précieux, tels que les billets de banque, à partir de fibres de coton et de lin.
Sur le gisement annuel des déchets de matières plastiques, estimé à 3 millions de tonnes, 250 000 tonnes seulement ont été collectées en vue de leur recyclage en 2002. Il s’agit principalement de chutes de production et de transformation et, dans une moindre mesure, d’emballages industriels et de biens en fin de vie. Outre ces sources de recyclage qui empruntent un circuit plus ou moins long, des gisements importants existent dans l’agriculture et, surtout, dans les déchets d’emballages (flacons, bouteilles…).
Le principal obstacle au recyclage des plastiques tient à la diversité des résines et à leur faible compatibilité, même si le développement des tris automatisés et le marquage des produits ont permis de grands progrès. Pour toutes les familles de plastiques, le recyclage comprend des phases de broyage, lavage, purification, séparation, séchage et regranulation. Un procédé complexe, qui fait appel à un haut niveau de technicité.
L’industrie de la plasturgie a développé des procédés permettant de combiner différentes matières plastiques pour donner des propriétés particulières à certains polymères. Aujourd’hui, des mélanges de plastiques de nature différente, mais de même famille (PE + PP, notamment), peuvent être recyclés.
Après une préparation de broyage et de nettoyage, le mélange est homogénéisé puis transformé par les techniques comparables à celles de la plasturgie classique pour réaliser des pièces massives fréquemment utilisées en substitution du bois ou du béton : mobilier urbain, pieux, piquets, murs antibruit, remblais résistant aux milieux agressifs. Principaux avantages : le matériau est léger, facile d’entretien, imputrescible et peu sensible aux intempéries.
Ce secteur est celui où le recyclage est l’un des plus importants. Trois catégories de fibres cellulosiques de récupération sont identifiées selon leur qualité. Les « sortes basses », (caisses en carton ou mélanges de papiers) représentent près de 91 % de la consommation française et sont intégrées dans la fabrication de papier d’emballage, de cartons plats et ondulés.
Les « sortes à désencrer » (journaux, magazines et écrits en tout genre) interviennent dans la fabrication des papiers pour la presse et les emballages. Enfin, les « sortes supérieures » (papiers blancs issus de chutes de production et de transformation) sont utilisées pour les papiers d’impression, notamment. Les cartons complexes composés de plusieurs couches (carton, polyéthylène, aluminium) peuvent être recyclés après séparation des trois constituants.
Le verre recyclé sous forme de calcin a connu un bel essor après les chocs pétroliers des années 70 et les problèmes posés par l’extension et l’épuisement des carrières. Les volumes de verre recyclé ont ainsi été multipliés par 6 en dix ans. Le gisement essentiel vient des ménages (bouteilles et pots de toute nature).
Une fois débarrassé de ses impuretés, le verre, broyé, calibré et acheminé chez les verriers pour être refondu, est recyclable indéfiniment. Le taux d’incorporation du calcin peut dépasser 80 % dans certains fours. Le verre consommé est soit incolore, soit coloré dans la masse. Aujourd’hui, le non-tri du verre par couleur limite son utilisation aux seules usines qui produisent du verre coloré. D’autres débouchés que la production d’emballages alimentaires existent dans les abrasifs, les revêtements de façade et de sol, les microbilles pour peinture de revêtements…