Centres de tri : une optimisation indispensable

Les centres de tri sont fortement impactés par l’extension des consignes de tri.

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A l’évidence, le tri est plus impacté que la collecte par le changement de consigne, mais là encore, les résultats sont disparates.

  • Certains centres de tri ont vu leur rendement en t/h baisser entre 7 et 20% . Reste, là encore, à consolider ces constats et à en identifier clairement les raisons.
  • Dans de nombreux cas, la baisse de la densité de la collecte a atteint 15%.

L’hétérogénéité des résultats reflète l’hétérogénéité des centres de tri qui participent à l’expérimentation, et au-delà, l’hétérogénéité des centres de tri en France.

Une dimension essentielle, car cette expérimentation est aussi l’occasion de voir si le déploiement de l’extension des consignes de tri est possible avec le parc existant et le cas échéant de définir les adaptations à conduire sur le parc de tri pour qu’il puisse traiter les tonnages supplémentaires en cas de déploiement.

  • ¼ des centres de tri participant à l’expérimentation bénéficient d’un process neuf ou très largement modernisé, plutôt automatisé, ayant intégré la problématique « extension des consignes » ;
  • ¾ d’entre eux n’ont fait que très peu d’adaptations, ce qui a rendu le processus du tri plus compliqué. La plupart ont compensé cette difficulté en mettant en place 1 ou 2 trieurs supplémentaires.

Type 1 : centre de ti manuel                                       Type 3 : centre de tri mécanisé

Type 2 : centre de tri semi-mécanisé                          Type 4 : centre de tri industriel

 

 

Parmi les points de vigilance qui se sont révélés, notons :

  • Le taux de captage des pots et barquettes (minimum de 60%, 95% dans certains cas), avec une mention spéciale pour les barquettes en plastique noir, difficilement repérables par les équipements de tri optique. La présence des pots et barquettes en quantité plus importante rend aussi plus difficile l’extraction d’autres matériaux sur la ligne des corps creux (aluminium, bouteilles PET…).
  • Le taux de captage des films (minimum de 15%, 60% dans le meilleur des cas) et la difficulté à extraire les plus petits éléments, avec les risques de bourrage machine qui s’y attachent. Objets de nombreuses récriminations lors de cette rencontre, les films sont aussi responsables de la dégradation de la qualité du papier (journaux /magazines).
  • Les conditions de travail qui changent avec l’introduction des nouvelles consignes de tri : réorganisation des postes de travail , nécessité de formation,  stress du personnel et risques de TMS lié à l’augmentation du nombre de gestes (surtout en tri manuel) , cabines de tri plus sales (et parfois, début d’odeurs… mais cela dépend aussi des systèmes de ventilation et de leur maintenance) .
  • Le suivi de  la qualité : l’homogénéité des entrants est essentielle pour maintenir un bon niveau de qualité, ce qui est difficile car les flux sont par nature très hétéroclites.

Pour compléter ces enseignements terrain, l’ADEME, Eco-Emballages et EcoFolio ont mené une étude prospective sur la capacité des centres de tri français à traiter le nouveau volume en cas d’extension.

L’étude terminée montre que l’ensemble des centres de tri devront être adaptés, impliquant d’importants investissements...