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AVENTURE DURABLE : Un raid scientifique sans précédent

30/01/12

Pour la première fois, des hommes ont relié par la terre deux bases de l’Antarctique, Concordia-Dôme C et Vostok (630 kilomètres). Un raid scientifique à haut risque à travers le continent glacé.

Le 3 janvier dernier, au terme d’un difficile périple de 630 kilomètres, cinq chercheurs et trois techniciens ont bouclé la première liaison terrestre de l’histoire entre les bases antarctiques de Concordia (franco-italienne) et Vostok (russe). Mais ce voyage au cœur du continent glacé ne s’arrête pas là, puisqu’il s’agit de la première partie du plus long raid scientifique jamais organisé en Antarctique par l’IPEV (Institut Polaire français Paul-Emile Victor).

1260 kilomètres dans la neige

Un raid digne d’un véritable roman d’aventures ! Le projet vise à relier Concordia – base installée sur le Dome C, un plateau d’altitude - à Vostok, puis à revenir au camp de base franco-italien. Soit un total de 1260 km!
D’emblée, le raid avait été classé "à haut risque", car soumis à une multitude d’aléas climatiques et matériels. Et de fait, avant même qu’il ait réellement démarré, les ennuis se sont accumulés. Pris dans les glaces alors qu’il ralliait Dumont-d’Urville (base scientifique française située en Terre-Adélie, c’est aussi là qu'ont travaillé les deux caméramans du film « La Marche de l'empereur »), le navire L’Astrolabe de l’IPEV s’est trouvé immobilisé durant trois semaines à seulement 200 kilomètres de la base côtière française. Comble de malchance : l’hélicoptère de bord, qui devait débarquer les scientifiques et la cargaison, est tombé en panne.

Englués dans la neige

Parti finalement de Concordia le 20 décembre, le convoi polaire, composé de quatre tracteurs et d’une dameuse tirant traîneaux et caravanes, a dû affronter une neige totalement vierge, où les véhicules étaient susceptibles à tout moment de s’engluer. Le troisième jour, l’équipe n’a progressé que de trente kilomètres en onze heures...
Après quinze jours épuisants à travailler 15 heures par jour par des températures de -20 à -30°C, les huit hommes sont donc arrivés à Vostok le 3 janvier. Le 5 janvier, un avion y a déposé trois chercheurs "frais" qui, avec un spécialiste russe récupéré sur place, sont chargés de prendre le relais de la première équipe.

Dès le lendemain, 6 janvier, sept hommes sont repartis dans le sens inverse.

Prélèvements et carottages

Objectifs visés : en apprendre un peu plus sur la neige et les polluants de la partie centrale de la calotte polaire, déterminer la vulnérabilité de cette dernière à l’action de l’homme et, peut-être, battre un record en matière de reconstitution du climat passé.

En effet, au cours de la seconde partie de l’expédition, les chercheurs espèrent découvrir un site susceptible de renfermer de la glace vieille d’1,5 million années. Soit un saut dans le temps remarquable, lorsque l’on sait que la carotte la plus ancienne jamais remontée en Antarctique - celle du forage Epica au Dôme C - ne date que de 800.000 ans ! Y parviendront-ils ?
Réponse à la fin janvier.

Sources : www.sciencesetavenir.fr

       

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