TRILIB’ : À PARIS, LE FUTUR DU TRI COMMENCE AUJOURD’HUI

TRILIB’ : À PARIS, LE FUTUR DU TRI COMMENCE AUJOURD’HUI
28 janvier 2016
Rencontre avec Léon Garaix, directeur adjoint du cabinet de Mao Peninou, adjoint à la Maire de Paris en charge de la propreté et de l’assainissement, qui nous explique comment Trilib’ va permettre aux habitants de mieux recycler en ville.

Léon Garaix a pour missions d’impulser la relance du tri à Paris et de suivre au plus près la collecte du million de tonnes de déchets produits chaque année dans la capitale et leur élimination dans le respect de l’environnement. 

 

 

Comment Trilib' va-t-il contribuer aux objectifs de propreté et de recyclage des déchets de la Ville de Paris?

En 2016, en termes de déchets, deux projets phares sont à l’ordre du jour : la sortie de Trilib’ et la mise en place de la  collecte séparée  des bio-déchets des ménages dans les 2ème et 12ème arrondissements. La COP21 venant de se terminer, nous devons mettre en œuvre et rendre visibles nos innovations et nos engagements concrets.

 

Qu'est-ce qui vous a convaincu dans ce projet ?

Trilib’ est un concept modulaire et évolutif, végétalisé et autonome en énergie, qui a deux vertus : La première concerne l’environnement et l’économie circulaire, la seconde le service à l’habitant parce qu’elle permet de rendre le tri accessible, visible et facile, partout.

Nous envisageons également d’élargir le tri des emballages à celui des textiles puis progressivement à celui des piles, des déchets d’équipements électriques et électroniques, …

 

Courant 2016, Trilib’ sera expérimenté dans plusieurs arrondissements de Paris. Pourquoi et comment les avez-vous choisis ?

A mi-2016, nous installerons 40 Trilib’ répartis dans 5 arrondissements. Nous avons choisi de tester Trilib’ dans des contextes urbains différents présentant différents types d’habitats, de population, afin d’anticiper au mieux notre objectif de généralisation.

Par exemple, dans le 13ème, ce sont des immeubles de grande hauteur, donc une forte densité, avec un rapport particulier au sol, alors que dans le 2ème, le « vieux Paris », nous avons des tissus compacts, et peu de bacs de tri : nous avons voulu donner plus de moyens pour trier. Et dans le 4ème,  nous avons pris en compte la piétonisation des quais en rive droite à l’été 2016 et donc la problématique du hors-foyer y sera plus importante. Les installations se feront en concertation avec les habitants via des échanges dans les conseils de quartier. 

 

 

Quelles sont les conditions pour que ce projet soit déployé dans d'autres arrondissements ?

Nous évaluerons le dispositif au bout de plusieurs mois de fonctionnement pour voir comment les habitants se le sont appropriés. Nous testerons son acceptation en tant que nouveau mobilier urbain, et nous évaluerons également ses fonctionnalités et son coût.

 

Peut-on dire que Trilib' est l'avenir du tri en centre-ville ?

L’intérêt du Trilib’ est d’être un dispositif complémentaire à la collecte en porte à porte : il permet d’équiper des endroits où on n’arrive pas ou pas suffisamment à mettre des bacs dans les immeubles, des formes urbaines et des types d’organisation qui sont très difficilement adaptables au tri. L’ultra densité engendre le manque d’espace pour trier dans les immeubles. C’est une problématique particulièrement vive à Paris, et dans les centres-villes en général.

A Paris par exemple, il existe 10 000 adresses sans bacs jaunes - par manque de place ou parce que l’organisation des immeubles n’a pas été pensée dans ce sens. Et comme nous allons à la fois trier de plus en plus d’emballages, et favoriser la collecte des bio-déchets en porte à porte, l’espace devient précieux ! Nous sortons donc dans la rue. Les conditions de la réussite de cette arrivée sur l’espace public, c’est d’être pratique et qualitatif.

 

Si vous deviez résumer le rôle de Trilib’ dans la Capitale…

Installé au cœur de la ville, sur des emplacements de stationnement, Trilib’ est un support pour rendre visibles les déchets et leur redonner leurs lettres de noblesses. Nous voulons apporter la preuve que le déchet, quand il est trié, devient une ressource, qui a de la valeur : Trilib’ est une belle vitrine de l’économie circulaire. En résumé, on donne à voir le métabolisme urbain pour mieux installer l’évidence du tri !

 

Pour avoir une visite guidée du Trilib', c'est par ici :

 

 

On vous dit tout

Le concept Trilib’ a été conçu par Eco-Emballages, en partenariat avec Plastic Omnium, fabricant de conteneurs et bacs roulants, et la mairie de Paris. Le matériel est assemblé sur le site de Plastic Omnium à Chalons-sur-Saône.